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Deuxième étape de mes réflexions sur l'école : le primaire.

17 Octobre 2026

LES PRIMAIRES

Mes grands parents ont connu l’école publique proche de celle de Jules Ferry. Elle était gratuite et obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans. Dans son film, Topaze, de 1951 Marcel Pagnol montre une salle classe des années 1920 car il avait publié sa pièce en 1928. On y retrouve les éléments de base de l’école républicaine, les enseignements portent sur le calcul, la lecture,  l’écriture, les dictées et les récitations. L’école publique était devenue laïque et la morale républicaine remplaçait le catéchisme. Il y avait donc des cours de morale et de civisme. Les sciences s’étaient développées avec au côté de l’histoire et de la géographie la leçon de chose.

Mes parents et beaux-parents suivaient une école modifiée en 1936 par Jean ZAY. Le sport et la pratique occupait une petite place. Il y avait une volonté d’envoyer plus d’enfants vers les lycées. L’orientation reposait sur les aptitudes. Ainsi ma mère a été vivement encouragée à continuer après l’école primaire. Elle ne l’a pas fait, elle est allée travailler à 14 ans, âge de fin de scolarité obligatoire. Pour ces deux générations qui vivaient à la campagne les écoles étaient loin. Ma mère faisait trois kilomètres à pied, pendant le trajet elle ramassait du bois mort pour chauffer la classe. Mon père se souvenait des repas pris en classe en particulier du jour où un des ses condisciples a mangé rapidement une souris vivante de peur que l’enseignant lui confisque. L’école accueillait tout le monde, car elle était vraiment gratuite.

A la fin de mon école maternelle, l’enseignante s’est concertée avec ses collègues de primaire et m’a fait rentrer directement au CE1. Mon apprentissage de l’écriture était insuffisant et en lecture le seul livre que j’avais lu était « OUI-OUI chauffeur Taxi » de la bibliothèque rose. Au bout d’un mois de CE1 l’instituteur a jugé préférable de me transférer dans une classe de CP. De son côté mon épouse avait fréquenté une école de village dont la directrice était l’unique enseignante d’une école à une seule classe. L’institutrice, la mère de ma femme, habitait au-dessus de la classe. Elle s’occupait de son chauffage. Ses quarante élèves étaient âgés de 4 ans à 14 ans. Elle gardait après la fin des cours les candidats au certificat d’étude pour maximiser leurs chances de succès. Ses amies dans des écoles de village travaillaient comme elle. Les instituteurs se sentaient avoir un devoir vis-à-vis des habitants du village.

Nous avions des dictées, des problèmes, des leçons de sciences à apprendre, de la récitation, du chant et de la morale. Un classement mensuel nous positionnait par autres, à la fin de l’année les meilleurs recevaient des récompenses comme des bons de caisse d’épargne ou des livres. Nous écrivions à la plume en la trempant dans des encriers remplis à tour de rôle par un élève. Nous devions inscrire le résultat du calcul mental sur une ardoise que nous devions brandir tous ensemble au-dessus de nos têtes. Ceux qui avaient fini un exercice recevait un problème à résoudre pour les occuper. Si le problème était juste un dix venait majorer la moyenne en calcul. L’instituteur emmenait la classe à la cérémonie du 11 novembre. Nous nous levions quand un adulte venait dans la classe. Nous faisions des mouvements de gymnastique ensemble, nous nous entrainions à la course et au saut. Nous participions au rassemblement sportif des Lendits en fin d’année scolaire. A Noël nous recevions un petit sac de friandises. Ma femme se souviens d’avoir aidé sa mère à préparer les petits sacs en papier.

Pour résumer je dirais que j’ai vécu une école laïque proche de celle de Jules Ferry. Nous sommes sortis du primaire en sachant lire écrire, compter. Nous connaissions la grammaire dans le détail et étions de réaliser des opérations simples sans le support du papier.

Nos ainés ont commencé l’école primaire avant la réforme Jospin. Leurs enseignants étaient restés instituteurs. Les deux enseignantes du CP qu’ils ont connues avait à cœur de ne pas laisser un seul enfant sans la lecture courante à la fin de l’année. Les élèves sans difficultés savaient lire à Noël. Notre fille ainée a lu entièrement un livre pour adulte sur l’histoire de la Gaulle pendant les vacances de fin d’année. Les enseignants de CM2 tenaient à ce que tous les élèves connaissent la grammaire française.

Nos plus jeunes ont commencé après 1990, certains instituteurs avaient été remplacé par des professeurs des écoles. Un des camarades d’une de mes filles m’a dit :  « ce matin j’ai écrit otto pour une voiture, cet après-midi je devais écrire auto. Je ne comprends plus l’orthographe. J’ai interrogé l’inspecteur d’académie sa réponse a été l’orthographe ne compte plus, personne ne fait attention aux fautes. Cette même enseignante avait aussi déclaré un matin puisque vous n’êtes pas sages on fera calcul cet après-midi. Au CP c’étaient encore une institutrice la lecture a bien été acquise, l’orthographe un peu moins à cause du changement au CM2.

Mes enfants ont appris à lire avec une méthode mixte très proche de B et A font BA. Ils ont très vite appris à déchiffrer les mots. Leurs instituteurs étaient peu influencés par les méthodes de « l’éducation nouvelle » diffusées par Célestin Freinet, Maria Montessori, John Dewey … J’ai eu un aperçu de l’apprentissage de la lecture en 1980.  Je faisais réviser la lecture à un enfant à la demande de son oncle. Il a pris son livre et s’est mis à lire. J’entendais un récit clair sans hésitation, alors qu’on m’avait parlé de graves difficultés de lecture. J’ai regardé le livre. Le texte n’avait rien à voir avec ses propos. Ce qu’il me disait était la leçon précédente. Il la savait par cœur car ses parents la lui avaient fait lire et relire maintes fois en corrigeant ses fautes. J’ai eu un aperçu de la méthode globale très stressante pour cet enfant là et désespérante pour ses parents.

Les ainés de mes petits enfants nés en 2008 et 2010 ont appris facilement à lire. La lecture et l’écriture n’ont jamais été un sujet dont se sont plaints leurs parents. Je n’ai eu à regarder de près qu’un sujet. Une méthode originale d’apprentissage de la division dont j’ai eu du mal à percevoir la logique. Mon petit-fils de 2013 a suivi un CP particulier avec beaucoup de cours à distance à cause du confinement. Il a visiblement peu fait de « B et A font BA » au premier trimestre. Lui et ses frères de 2012 et 2020 ont été suivis par le code des couleurs. Ils n’avaient pas de notes mais des appréciations sur l’acquisition de chaque thème. Leurs cahiers montraient des devoirs fait en classe qui m’ont paru trop faciles. Ils ont des exposés à faire des sujets à rechercher. J’ai lu un exposé de sciences de celui né en 2012. Le bilan comptable était bien expliqué avec des fautes d’orthographe. Hélas la leçon portait sur les instruments de mesure, il s’agissait de faire un court texte sur les balances pour le pesage. Mon petit-fils a interrogé l’IA et a pris ses informations dans l’article sur la comptabilité.

Il y a de « l’éducation nouvelle » dans les méthodes d’instruction au primaire de mes enfants et petits-enfants. J’en apprécie certains aspects mais je voulais en savoir plus alors je suis allé à deux réunions. La première a été intéressante par l’expérience qui était organisée. Nous devions être entre 50 et 60 personnes. Nous avons et été séparés en 4 groupes qui ont suivi 4 méthodes différentes de résolution d’un problème. Le groupe A devait résoudre le problème sans aucuns indices ni explications. Le groupe B a eu des indices, le groupe C des explications et le groupe D seulement un exposé de la méthode de résolution. Réunis, nous devions résoudre un problème similaire à celui que nous avions eu à résoudre. Nous levions la main quand nous avions trouvé car nous étions chronométrés. Puis le temps moyen des participants de chaque groupe a été calculé. Ainsi nous avons pu comparer les méthodes d’enseignement. La moyenne de chacun des groupes A, B et C était peu différente. Le groupe D a été moins rapide et j’ai un peu faussé le résultat du groupe A. Au lieu de tâtonner pour trouver une solution j’avais recherché une méthode générale de résolution de ce type problème. Sachant comment faire grâce à la méthode que je venais d’établir j’ai résolu le problème longtemps avant tout le monde. J’en avait conclu que les méthodes où l’enfant seul apprend seul peuvent être très efficace mais seulement avec une petite minorité. La deuxième réunion était un exposé donc du type D sur les avantages des encouragements et les inconvénients des notes. L’enfant doit être autonome et apprendre sans contraintes.

 

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