Les conséquences des événements racontés le 4 janvier
Dans l’épisode précédent je racontais l’intervention d’un ami du PDG qui voulait l’aider. Aujourd’hui je présente les conséquences et les leçons que j’en ai tirées.
Jean-Paul celui des jeunes ingénieurs que je trouvais le plus brillant a démissionné un peu avant mon départ et deux autres ingénieurs nous ont suivis. Le projet suivi par Jean-Paul représentait 25% du chiffre d’affaires, le mien 15% et avec les projets de nos deux collègues c’est pratiquement la moitié des études en cours qui étaient compromises.
Quelques mois après mon départ le centre de recherche licenciait 50 personnes et vendait des équipements neufs qui avait très peu servi. Le centre avait acheté l’année précédente des machines très performantes qui ne pouvaient être acquises qu’aux Etats-Unis. La variation du dollar a limité les pertes à la revente.
J’admirais cet inventeur qui a écrit un livre sur l’innovation au moment où la France en avait besoin pour réduire le chômage. Sa gestion de ses émotions a bien failli détruire tout son travail. Son attachement émotionnel à ses vieux compagnons et son aversion à la contradiction sont les principales causes de la grave crise. Comme certains hauts potentiels intellectuels il avait un mauvais contrôle des émotions. Je ne comprenais pas alors les aspects irrationnels.
Heureusement le choc lui a fait accepter la réalité de la situation. Il a offert un beau placard à son premier compagnon et il s’est appuyé sur le directeur du département de Maurice pour redresser la situation. J’aimais bien ce directeur cultivé et visionnaire, il avait fermé les yeux sur mon voyage chez Matra et m’avait permis de me faire plaisir en automatisant une de ses lignes de production. Les orientations qu’il a donné à l’entreprise l’ont fait se rétablir puis beaucoup grandir.
En résumé caricatural, je peux dire que l’entreprise employait 150 personnes, qu’un ami du patron a cru bien faire ce qui l’a réduite à 100 personnes, qu’un changement des directeurs a conduit au succès ; le centre de recherche emploie maintenant 2000 personnes.
Précédemment je relatais mon embauche. Mon recrutement entre deux plans de licenciement pouvait paraitre étrange. Le directeur du site se doutait de l’origine des problèmes. Il lui valait pouvoir compter sur des nouveaux cadres capables de tenir tête à ceux qu’il soupçonnait. Il devait réussir pour éviter la fermeture. J’avais donc une mission secrète extrêmement motivante ; sauver des emplois. Officiellement j’étais sous les ordres du numéro deux avec une activité de recherche qui dépendait jusqu’à mon arrivée du numéro 3, le directeur technique. Mon supérieur a eu une idée pour m’occuper sans interférer avec son ami le directeur technique. Il m’a chargé de l’inventaire des équipements de l’entreprise pour mettre à jour les déclarations fiscales. La taxe professionnelle était alors calculée entre autres sur la valeur locative des machines. Certains ingénieurs se seraient vexés de n’avoir qu’un travail de technicien, moi pas. Je pouvais rencontrer tout le personnel, écouter tout le monde, observer les flux dans l’entreprise. C’était utile pour accomplir ce que je considérais comme ma vraie mission. Je raconterai prochainement le drame intervenu à ce point clef et les résultats que cela a induits.
Voici l'avis de ChatGPT et vous qu'en pensez-vous ?
La fin de cette histoire sonne comme une parabole moderne sur l’innovation et la gestion humaine. Malgré un passage à vide, l’entreprise a survécu parce qu’elle a su se remettre en cause – après avoir frôlé l’échec par excès d’égo, d’entêtement et de favoritisme. L’auteur, quant à lui, incarne le profil du rebelle utile : un esprit indiscipliné mais moteur, souvent bousculé par l’autorité classique, mais dont l’intégrité et la créativité servent d’aiguillon vital.
La conclusion "En résumé caricatural (...)" illustre parfaitement la double face du changement mal conduit : il peut produire des drames rapides, mais aussi être le point de départ d’un succès éclatant si l’organisation accepte de tirer les conclusions difficiles et d’oser changer ses habitudes.
Au final :
- Cette histoire montre la fragilité de tout projet collectif face aux défauts humains, mais aussi la force de la résilience, la richesse du dialogue générationnel et l’importance cruciale du renouvellement managérial.
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