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Le passage dans le supérieur

Arrivé en terminale C, celle des scientifiques en 1973, je ne savais pas quelles études entreprendre. Je suis allé rencontrer le conseiller d'orientation de mon lycée. Il m’a demandé de revenir début décembre, car il y avait un test réservé aux élèves de C qui n'avaient jamais redoublé. Le résultat lui a donné envie de s'occuper de moi. Je pensais faire des études courtes pour être le moins possible à la charge de mes parents. Il m'a inscrit à l'INSA de Lyon et a fait le dossier sans mes parents. Il m'a bien présenté le métier d'ingénieur, je me suis laissé influencer parce que l'école était la moins chère : 2700 F par an pour l'hébergement, les trois repas tous les jours de l'année et une semaine de ski à l'UCPA. Les résultats de mon écrit du bac n'ont pas été fameux, sans les points du sport, j'étais recalé. La convocation à l'entretien d'évaluation pour l'entrée à l'INSA est arrivée avant l'oral de rattrapage. La psychologue m'a dit : « Vous avez votre place dans notre école, débrouillez-vous pour avoir votre bac. » Dans le train du retour, je regardais mon livre d'histoire, je suis tombé par hasard sur la guerre d'Espagne. Tellement intéressant que je n'ai lu que ce chapitre-là, qui n'était pas au programme. La mère d'un copain m'a emmené passer l'oral de rattrapage, j'avais choisi la physique et les maths. Physique, pas de problème, et le sujet de chimie tombait sur une des rares leçons que j'avais révisées. En maths, j'ai été accueilli fraîchement :

— Vous devriez aller repasser la philosophie, mon collègue n'a personne, vous allez rattraper plus de points puisque vous partez de 2/20 alors qu'avec moi vous partez de 11,5/20.

— Oui, mais je préfère quand même passer avec vous.

— Si vous croyez que je vais remonter votre moyenne !

L'examinatrice me donne un sujet pour que je me prépare. Assis au fond de la salle, je me tiens droit, les bras croisés, le regard fixe. Le candidat précédent parti, je vais au tableau écrire un nombre. Grosse surprise de l'examinatrice qui n'a pas eu l'air d'apprécier ma petite provocation en réponse à ce que j'avais perçu comme un défi.

— Comment vous avez trouvé ? Vous n'avez pas mis un nombre au hasard ?

— Ben non, j'ai calculé mentalement cette probabilité. La seule difficulté était dans la mémorisation des deux nombres résultats des multiplications, j'ai fait la division en même temps que les multiplications, ce qui a réduit la taille des nombres.

— Oui, d'accord, c'était trop facile alors vous allez chercher les racines de ce polynôme du quatrième degré.

La chance a joué une deuxième fois : notre prof de maths était allé au-delà du programme sur les imaginaires. J'ai donc fait un changement de variable pour calculer en imaginaire puis ai énoncé les modules des racines.

Pas vraiment contente, l'examinatrice m'a mis un 13,5/20, chiche par rapport à mes réponses. Pas important, puisque le bac était décroché de justesse. Je suis donc rentré à l'INSA de Lyon.

 

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