Mon adolescence
En 1971, Notre professeur d’histoire-géographie avait été déçu par la réaction des élèves de 5ème quand il les avait fait réfléchir sur le racisme. Militant communiste, il ne citait jamais l’humanité mais toujours le monde qui avait la réputation d’être un journal objectif. Soucieux de l’ouverture d’esprit de ses élèves il a proposé à ceux de seconde d’approfondir ce sujet hors programme. Je m’étais porté volontaire avec Michel qui est toujours resté un ami, seuls volontaires, ce professeur nous expliqué à son domicile ce qu’il voulait vérifier. Nous avions un magnétophone à cassette caché sous nos manteaux et nous avons cherché à être le plus exhaustif possible. Notre reportage a eu beaucoup de succès par la diversité des réactions et des lieux d’interrogation. C’est à cette occasion que j’ai visité un foyer d’hébergement pour immigrés, j’ai sympathisé avec un des jeunes et suis retourné le voir régulièrement dans ce foyer où j’étais bien accueilli.
J’avais appris que le préfet allait venir à l’inauguration d’un bâtiment neuf construit pour compléter l’usine désaffectée convertir en foyer pour travailleurs. Je me suis glissé dans le cortège et me suis retrouvé au côté du préfet et je lui ai parlé tout le long de la visite de ce qui me choquait dans le vieux bâtiment. Près de la fin de la visite qui n’était que du bâtiment neuf, nous avons entendu les cris de colère d’une petite foule qui venait de pénétrer dans la vieille usine. Les reproches étaient les même que ceux que je venais d’exposer au préfet. Ceux qui protégeaient le préfet m’ont pris un porte-parole des manifestants ; j’ai dû laisser mon identité aux renseignements généraux.
Voilà comment je suis devenu pour la première fois le porte-parole d’un groupe. J’ignorais complètement la manifestation organisée par les anarchistes dont j'avais entendu parlé mais que je ne fréquentais pas.
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